Rédiger une instruction de travail pour vos techniciens : structure, exemple et checklist

Un technicien mesure la combustion à chaque entretien de chaudière et photographie le ticket de mesure, un autre le fait quand il y pense. Une instruction de travail fixe la façon de faire, quel que soit le technicien. Encore faut-il qu’elle soit sur son GSM, et pas dans un classeur au fond de la camionnette.

DigitalnatiePublié 30 octobre 20268 min de lecture

Pourquoi le même travail se fait chaque fois autrement

Dans beaucoup d’entreprises techniques, la méthode n’existe que dans la tête du technicien expérimenté. Un nouveau collègue l’apprend en l’accompagnant. Là où ça coince :

  • L’instruction est trop longue. Quatre pages de texte, personne ne les lit en chaufferie.
  • Un contrôle sans critère. Chaque technicien décide seul de ce qui est en ordre.
  • Deux versions en circulation. Le classeur de la camionnette a trois ans, le PDF sur le serveur est plus récent.
  • Aucune preuve. Après coup, personne ne sait si une étape a été faite.
  • Le remplaçant part de zéro. Le technicien attitré est en congé, et son savoir est parti avec lui.

Instruction de travail, mode opératoire, checklist ou procédure ?

Ces mots se mélangent souvent. Chacun répond à une autre question :

DocumentLa questionExemple
ProcédureQui fait quoi, dans quel ordre, entre plusieurs services ?De l’appel à la facture
Instruction de travail ou mode opératoireComment réaliser une tâche, étape par étape ?L’entretien annuel d’une chaudière gaz
ChecklistChaque étape a-t-elle été faite, avec quel résultat ?La liste que le technicien remplit sur place

L’instruction explique comment ; la checklist garde la trace de ce qui a été fait. Vous travaillez avec un système qualité, par exemple selon ISO 9001 ? Voyez avec votre responsable qualité ou votre auditeur quelles instructions vous gérez formellement.

Rédiger une bonne instruction de travail : la structure

Une structure fixe rend chaque instruction reconnaissable :

PartieCe qu’elle contient
Titre et champ d’applicationUne tâche, pour quel type d’installation
VersionNuméro, date, qui l’a validée
SécuritéRisques, équipements de protection, ce qu’il faut couper ou fermer d’abord
Outils et piècesCe que le technicien emporte
ÉtapesNumérotées, dans l’ordre du travail
Critère d’acceptationQuand une étape est en ordre : une valeur, un état, un test
PreuveOù une photo ou une valeur mesurée est nécessaire
En cas de problèmeCe que le technicien note et qui il prévient

L’analyse de risques sur place n’y figure pas : le technicien la fait juste avant le travail, avec une LMRA avant l’intervention.

Pour la rédaction, ces règles aident :

  1. Une tâche par instruction. Entretien et dépannage dans un même document, cela devient un livre.
  2. Une action par étape, le verbe en premier. « Fermez la vanne gaz. » se lit plus vite que « La vanne gaz doit être fermée. »
  3. Un critère mesurable. « Pression dans les valeurs du fabricant, valeur notée » en dit plus que « contrôler la pression ».
  4. Une photo là où la preuve compte. Avant et après un nettoyage, un ticket de mesure, la plaque signalétique.
  5. Assez court pour un écran de GSM. Les longues explications restent dans la notice.
  6. Testez avec un collègue qui n’a jamais fait ce travail. Là où il hésite, il manque quelque chose.

De l’instruction à la checklist

Chaque étape avec un critère devient une ligne de la checklist, avec la réponse qui lui convient : oui ou non, conforme ou non, une valeur mesurée, un court texte ou une photo. Une checklist de maintenance préventive pour une pompe à chaleur ou un adoucisseur suit le même schéma.

Gérer les versions et s’assurer que l’instruction est lue

  • Un responsable par instruction, qui valide chaque nouvelle version.
  • Une seule version en vigueur. La nouvelle remplace l’ancienne, et les vieux tirages quittent les camionnettes.
  • Confirmer la lecture. Pour une nouvelle instruction ou un changement important, le technicien confirme qu’il l’a lue.
  • Chaque information à sa place. Ce qui vaut pour tout appareil de ce type figure dans l’instruction de travail. Ce qui ne vaut que pour cette installation va dans son dossier. Ce qui ne concerne que cette visite, comme la clé déposée chez les voisins, va dans les instructions de l’intervention.

Un exemple : l’entretien annuel d’une chaudière gaz

Un chauffagiste entretient la chaudière d’un immeuble à appartements. Le technicien attitré est en congé, et un collègue reprend la visite. Le bureau a noté dans les instructions de l’intervention où se trouve la clé de la chaufferie et ce qui a été remplacé la dernière fois. Le collègue les lit sur son GSM avant de partir. L’instruction de travail est celle de tout entretien de chaudière (exemple illustratif, à adapter à vos appareils) :

  1. Demandez au client s’il y a eu des pannes depuis la dernière visite.
  2. Coupez la chaudière, fermez la vanne gaz et laissez refroidir.
  3. Nettoyez selon la notice du fabricant, avec une photo avant et après.
  4. Nettoyez le siphon d’évacuation des condensats, si la chaudière en a un.
  5. Contrôlez la pression d’eau et notez la valeur. En ordre : dans les valeurs du fabricant.
  6. Redémarrez la chaudière et mesurez la combustion. Notez les valeurs et photographiez le ticket de mesure.
  7. Contrôlez l’étanchéité des raccords que vous avez démontés. En ordre : aucune fuite.

Dans la checklist, cela donne des lignes comme « vanne gaz fermée » (conforme ou non), « pression d’eau » (valeur), « mesure de combustion » (valeur et photo) et « contrôle d’étanchéité » (conforme ou non). Le collègue travaille ainsi comme le technicien attitré.

En 30 secondes · 0:30

Uw vaste technieker is afwezig: begint zijn collega van nul?

Interventies, rapporten, foto's en onderdelen blijven bij de installatie. Het kantoor zet wat telt in de instructies, en de collega leest ze in de app.

Vidéo en néerlandais, sous-titrée en néerlandais

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Comment cela fonctionne dans Digitalnatie Service Suite

Dans Service Suite, vous fixez les instructions à trois niveaux. Les instructions d’une intervention, le technicien les lit dans l’application mobile, avec sa mission, dans l’aperçu de l’intervention.

  • Par intervention : à la création, un modèle d’intervention remplit le type, l’équipe, la durée et les instructions, que vous pouvez encore modifier. Les modèles se gèrent dans les paramètres. Plus tard, la modification des données de l’intervention permet de changer les instructions pour le technicien et les photos obligatoires.
  • Par contrat d’entretien : le modèle de visite fixe les instructions, la durée, le type et les catégories de chaque visite. Le texte des conditions et instructions du contrat devient une tâche à chaque visite.
  • Par installation : le dossier de l’installation conserve notices, attestations et photos, et vous choisissez pour chaque document s’il est visible par le client dans son portail. Dans l’application, la fiche de l’installation montre le produit, la garantie, le prochain entretien et les interventions précédentes du technicien lui-même : ce qu’il doit savoir de la notice, mettez-le dans les instructions.

Les checklists et les documents à lire se gèrent dans la configuration de la sécurité, chacun dans son onglet. Ils ont des versions : un brouillon se modifie librement, la publication fige les étapes et remplace la version précédente. Les nouvelles interventions reçoivent la version publiée. Pour les interventions planifiées et pas encore commencées, le recalcul du paquet sécurité montre d’abord ce qu’elles recevraient en plus ; rien n’est jamais retiré.

Sur place, ils se trouvent dans l’onglet sécurité de l’intervention, à côté de la LMRA (voir sécurité et conformité) :

  • Le technicien ouvre un document, ce qui demande du réseau, puis confirme qu’il l’a lu et compris. Un document exigé peut bloquer le début du travail.
  • Il remplit une checklist ligne par ligne : oui, non ou non applicable, OK ou pas OK, une valeur ou un texte, et une photo quand elle est exigée. Puis il confirme la checklist. Les réponses sont enregistrées même sans réseau et envoyées plus tard.
  • Si la situation ne correspond pas, il signale un écart au bureau, par exemple une procédure non suivie ou un problème d’état de l’installation.

Si l’intervention demande des photos obligatoires, le technicien ne peut la clôturer comme entièrement terminée que lorsque ces photos sont présentes, avec les signatures.

Ce qui doit figurer sur le rapport après le travail, vous le lirez dans que doit contenir un bon d’intervention. Pour la reprise par un collègue avec l’historique de l’appareil, voyez l’historique par installation.

Questions fréquentes

Quelle différence entre une instruction de travail et une procédure ?

Une procédure décrit qui fait quoi et dans quel ordre, souvent entre plusieurs personnes ou services. Une instruction de travail, ou mode opératoire, décrit comment réaliser une tâche étape par étape, comme l’entretien d’une chaudière.

Qu’est-ce qu’une bonne instruction de travail ?

Une tâche, des étapes dans l’ordre du travail, une action par étape avec le verbe en premier, un critère mesurable et une photo là où la preuve compte. Elle est assez courte pour un GSM, et un collègue qui n’a jamais fait ce travail peut la suivre.

Comment s’assurer que tout le monde utilise la dernière version ?

Donnez à chaque instruction un responsable, un numéro de version et une date, et retirez les vieux tirages des camionnettes. Dans Service Suite, les checklists et les documents ont des versions : la publication remplace la version précédente, et les nouvelles interventions reçoivent la version publiée.

Une checklist numérique fonctionne-t-elle sans réseau ?

Dans Service Suite, les réponses à une checklist sont enregistrées sur l’appareil et envoyées dès que le réseau revient. Ouvrir un document demande du réseau : le technicien a intérêt à l’ouvrir avant d’entrer dans une cave ou une chaufferie sans couverture.

Peut-on prévoir une instruction pour chaque visite d’un contrat d’entretien ?

Oui. Dans Service Suite, le modèle de visite d’un contrat d’entretien fixe les instructions, la durée, le type et les catégories de chaque visite, et le texte des conditions et instructions devient une tâche à chaque visite.