Heures supplémentaires en Belgique : sursalaire, repos compensatoire et calcul pour vos techniciens
À 16 h 30, le chauffage d’un client tombe en panne, et le technicien reste jusqu’à ce qu’il redémarre. Deux jours plus tard, il travaille une heure de plus pour terminer un placement. En fin de mois, le secrétariat social demande quelles heures sont des heures supplémentaires, et personne ne retrouve le détail.
Publié par Abdelhay Rahou (s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)31 octobre 202610 min de lecture
Heures supplémentaires en Belgique : la règle en bref
En Belgique, les heures supplémentaires se mesurent par rapport aux limites de la durée du travail. Selon le SPF Emploi, toute prestation au-delà de 9 heures par jour, de 40 heures par semaine ou d’une limite inférieure fixée par CCT donne droit à un sursalaire : 50 % en semaine, samedi compris, et 100 % les dimanches et jours fériés. En principe, ces heures se récupèrent.
Ces règles figurent sur la page Durée du travail et réduction de la durée du travail du SPF Emploi, consultée le 31 octobre 2026. Une CCT de votre secteur peut fixer d’autres limites : faites vérifier l’application à votre entreprise par votre secrétariat social ou votre conseiller juridique.
Ce qui coince avec des techniciens
- Une panne en fin de journée. Le technicien reste jusqu’à ce que l’installation fonctionne, et personne ne note l’heure de fin.
- Personne ne tranche. L’heure en plus est-elle payée, récupérée ou volontaire ? Faute de décision, le secrétariat social reçoit un total sans explication.
- Le secteur a ses propres règles. Les limites fixées par CCT remplacent les limites légales.
Qu’est-ce qui compte comme temps de travail ?
Le temps de travail est le temps pendant lequel le personnel est à la disposition de l’employeur. Selon le SPF Emploi :
- Compte : le déplacement pour le même employeur entre deux clients, deux chantiers ou entre le siège et un client, ainsi qu’une formation liée au travail.
- Ne compte pas : le trajet du domicile au lieu de travail et retour, et les pauses et repas prévus dans le règlement de travail.
Pour le premier et le dernier trajet d’un technicien qui part de chez lui, demandez à votre secrétariat social comment les traiter.
Sursalaire : que veut dire 150 % ?
| Quand | Sursalaire en plus de la rémunération normale | Repos compensatoire |
|---|---|---|
| Heures supplémentaires en semaine ou le samedi | 50 % | En principe, oui |
| Heures supplémentaires le dimanche ou un jour férié | 100 % | En principe, oui |
| Heures supplémentaires volontaires, avec accord écrit | Sur 120 des 360 heures par an | Non |
Le travailleur qui renonce à la récupération, lorsque la loi le permet, reçoit à la fin de la période de paie sa rémunération normale à 100 % et le sursalaire de 50 ou 100 % : d’où les 150 ou 200 %. S’il récupère, le sursalaire vient à la fin de la période de paie et la rémunération normale au moment du repos.
Le sursalaire se calcule sur la rémunération ordinaire, avec les primes directement liées au salaire, comme une prime de danger ou d’équipe, mais sans la prime de fin d’année.
Heures supplémentaires en Belgique : quel maximum ?
- Par jour et par semaine : pour la plupart des heures supplémentaires justifiées, 11 heures par jour et 50 heures par semaine. Pour les travaux urgents aux machines ou au matériel et en cas d’accident, seule compte la moyenne de 48 heures par semaine sur quatre mois.
- Période de référence : à son terme, la durée hebdomadaire doit être respectée en moyenne. En principe, c’est un trimestre, qui peut être porté à un an.
- Limite interne : jamais plus de 143 heures au-delà de la moyenne. Une fois la limite atteinte, il faut d’abord accorder du repos compensatoire.
- Ne pas récupérer : après un surcroît extraordinaire de travail ou une nécessité imprévue, le travailleur peut renoncer à récupérer jusqu’à 91 heures par année civile. Il le fait explicitement, avant la fin de la période de paie. Après une procédure de concertation, ce plafond peut passer à 130 ou 143 heures.
Les heures supplémentaires ne sont permises que dans les cas prévus par la loi. L’un d’eux touche le métier de technicien : les travaux urgents aux machines ou au matériel dans l’entreprise d’un tiers. Aucune autorisation préalable n’est requise, mais le contrôle des lois sociales doit être informé des heures et de leur motif dans les trois jours ouvrables qui suivent. Un surcroît extraordinaire de travail demande, lui, une autorisation préalable. Votre secrétariat social vous dira dans quel cas tombe une soirée.
Heures supplémentaires volontaires : ce qui change en 2026
La loi du 18 mai 2026, publiée au Moniteur belge le 1er juin 2026, s’applique avec effet rétroactif au 1er avril 2026. Selon le SPF Emploi (actualité du 5 mai 2026, actualité du 1er juin 2026) :
- 360 heures supplémentaires volontaires au maximum par année civile, dans tous les secteurs (450 dans l’Horeca) ;
- un accord écrit et préalable du travailleur pour un an, reconduit tacitement et résiliable avec un préavis d’un mois ;
- pas de repos compensatoire, et pas de sursalaire pour 240 des 360 heures ;
- là aussi, 11 heures par jour et 50 heures par semaine au maximum ;
- des conditions supplémentaires pour les travailleurs à temps partiel.
Un régime fiscal et parafiscal spécial est prévu ; le SPF Emploi renvoie pour cela au SPF Finances et à l’ONSS.
CP 200 ou autre commission paritaire : les règles du secteur
Vos techniciens relèvent de la CP 200 ou d’une autre commission paritaire ? Ses CCT peuvent abaisser les limites de la durée du travail, qui servent alors au calcul du sursalaire et du repos compensatoire. Votre secrétariat social sait quelles CCT s’appliquent chez vous.
Calcul des heures supplémentaires en Belgique, en quatre étapes
- Notez par jour l’horaire et les heures prestées, avec les trajets entre clients et sans les pauses.
- Comptez par jour les heures au-delà de 9, ou de la limite inférieure de votre CCT.
- Comptez par semaine les heures au-delà de 40, ou de votre limite hebdomadaire, sans reprendre celles de l’étape 2.
- Indiquez pour chaque heure le taux et la décision : 50 ou 100 %, et récupérée, payée ou volontaire.
Quelle limite hebdomadaire ? Avec une semaine effective de 38 heures fixée par CCT, le sursalaire compte à partir de 38 heures. Si vous travaillez 40 heures par semaine avec 12 jours de repos par an pour arriver à 38 heures en moyenne, la limite reste 40 heures, précise le SPF Emploi.
Un calcul dans Excel ? Prévoyez par ligne : date, horaire, heures prestées, heures au-delà de 9, type de jour, motif, décision et qui a approuvé. Comptez la limite hebdomadaire en bas de chaque semaine.
Exemple de calcul : la semaine d’un technicien chauffagiste
Un chauffagiste fictif applique une semaine effective de 38 heures fixée par CCT, comme dans l’exemple du SPF Emploi. L’horaire : 8 heures du lundi au jeudi, 6 heures le vendredi. Mardi, le technicien reste auprès d’une chaudière en panne ; jeudi, il termine un placement.
| Lu | Ma | Me | Je | Ve | Semaine | |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Horaire | 8 | 8 | 8 | 8 | 6 | 38 |
| Presté | 8 | 10 | 8 | 10 | 6 | 42 |
| Au-delà de 9 h par jour | 0 | 1 | 0 | 1 | 0 | 2 |
- Par jour : 2 heures au-delà de 9 heures, le mardi et le jeudi.
- Par semaine : 42 moins 38, soit 4 heures au-delà de la limite, dont 2 déjà comptées. Il en reste donc 2.
- Au total : 4 heures supplémentaires en semaine, à 50 %. Le sursalaire vaut 4 fois le salaire horaire ordinaire fois 50 %.
L’entreprise accorde 4 heures de repos compensatoire dans la période de référence ; le sursalaire est payé avec le salaire du mois. Avec un accord d’heures volontaires, les heures du jeudi auraient pu être volontaires, sans repos compensatoire : le gérant fixe le régime à l’avance avec le secrétariat social.
Bien enregistrer les heures supplémentaires
Notez pour chaque heure supplémentaire la date, le type de jour, le motif, la décision et qui l’a approuvée, et gardez l’accord signé pour les heures volontaires. Selon le SPF Emploi, le travailleur reçoit à chaque règlement définitif de la paie un relevé des dépassements, en annexe du décompte. Pour le pointage de la journée, voyez les heures des techniciens.
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Uren op een briefje, en vrijdag alles overtikken?
De technieker registreert zijn uren in de app en dient zijn week in. Op kantoor ziet u wat niet klopt, keurt u goed en staat de loonexport klaar.
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Si votre organisation utilise l’enregistrement des heures, le technicien pointe sa journée dans l’application mobile et le bureau approuve les heures dans l’écran des collaborateurs et des heures.
- Dans l’application : « Ma journée » enregistre la journée (déplacement, intervention, travail interne, pause) ; dans « Mes heures », le technicien demande une correction et soumet sa semaine. Une journée sans fin ou trop longue est un écart bloquant.
- L’horaire : dans la configuration du planning, l’onglet des heures de travail fixe les horaires. L’horaire d’un technicien se choisit sur sa fiche.
- Approuver : les chiffres montrent notamment les heures au-delà de l’horaire. Vous approuvez ligne par ligne ou par sélection, et vous choisissez de payer ces heures en heures supplémentaires, de les accorder en récupération ou de ne pas les accorder.
- Clôturer et exporter : la clôture verrouille une période passée dont tous les jours sont approuvés. L’export salaires prépare un fichier Excel pour votre secrétariat social. Les règles de calcul (pauses, trajet, heures au-delà de l’horaire, arrondi) se trouvent avec les exports CSV.
Bon à savoir :
- Il n’y a pas de liaison avec un secrétariat social : vous transmettez le fichier vous-même. Les kilomètres et le statut chauffeur ou passager n’y figurent pas.
- Les règles de calcul sont des règles standard, que votre organisation confirme selon les règles applicables à votre entreprise.
- Le manuel ne décrit ni calcul des taux de sursalaire ou des montants, ni compteur d’heures volontaires. Ce calcul revient à votre secrétariat social.
- Approuver, clôturer et exporter reviennent par défaut à l’administrateur et au responsable ; pour approuver, chaque technicien doit avoir une fiche du personnel.
Pour placer les absences, voyez le planning des congés des techniciens. Ce que le travail du soir et du week-end change pour votre prix, vous le lirez dans calculer le taux horaire d’un technicien.
Questions fréquentes
Quel est le sursalaire pour les heures supplémentaires en Belgique ?
Selon le SPF Emploi, le sursalaire légal est de 50 % pour les heures supplémentaires prestées en semaine, samedi compris, et de 100 % les dimanches et jours fériés. Il se calcule sur la rémunération ordinaire, avec les primes directement liées au salaire.
Combien d’heures supplémentaires volontaires peut-on prester en 2026 ?
Depuis le 1er avril 2026, 360 heures au maximum par année civile, ou 450 dans l’Horeca, avec un accord écrit et préalable du travailleur pour un an. Aucun sursalaire n’est dû pour 240 de ces heures, et les heures volontaires ne donnent pas droit à un repos compensatoire.
Que reste-t-il en net d’une heure supplémentaire ?
Cela dépend des cotisations sociales et des impôts. Pour les heures volontaires, un régime fiscal et parafiscal spécial est prévu ; le SPF Emploi renvoie pour cela au SPF Finances et à l’ONSS. Votre secrétariat social calcule le net.
Le trajet entre deux clients est-il du temps de travail ?
Oui. Selon le SPF Emploi, le déplacement pour le même employeur entre deux lieux de travail est du temps de travail, y compris entre deux clients. Le trajet du domicile au lieu de travail n’en fait pas partie.
Service Suite calcule-t-il le sursalaire ?
Service Suite montre les heures au-delà de l’horaire et, à l’approbation, le bureau choisit de les payer, de les récupérer ou de ne pas les accorder. Votre secrétariat social calcule le sursalaire et les montants, sur la base de l’export salaires en Excel que vous lui transmettez.